Quelquesinstants plus tĂŽt dans la rencontre, Felipe Contepomi, joueur de devoir Ă la grinta incomparable comme seuls les Argentins en sont capables, avait subi un Ă©norme choc. « Celui-lĂ , il Ă©tait vraiment impressionnant, se remĂ©more-t-il encore. Jâai Ă©tĂ© contraint de quitter le terrain pour me faire recoudre le crĂąne.PlagiocĂ©phalie Depuis que les bĂ©bĂ©s doivent dormir sur le dos, ceux qui sont atteints de plagiocĂ©phalie tĂȘte plate sont trĂšs nombreux. Au cours de la derniĂšre annĂ©e, les orthĂšses crĂąniennes casques couvertes par la RAMQ ont coĂ»tĂ© plus de 1,3 million, a appris La Presse. Un record quand on regarde les cinq derniĂšres annĂ©es. Pour Ă©viter le port de lâorthĂšse, le dĂ©pistage de la plagiocĂ©phalie doit se faire trĂšs tĂŽt. Et les parents doivent ĂȘtre mieux dossier de Nadielle Kutlu PlagiocĂ©phalie Lâimportance dâagir rapidement Nadielle Kutlu Collaboration spĂ©ciale Quand Kaouther Mestiri a donnĂ© naissance Ă son fils Yacine, il y a prĂšs de deux ans, Ă lâhĂŽpital Royal Victoria, elle nâavait jamais entendu parler de plagiocĂ©phalie ou de torticolis du nouveau-nĂ©. Mon fils a eu un torticolis Ă la naissance et la tĂȘte aplatie. On mâa dit que câĂ©tait Ă cause de sa position dans mon utĂ©rus. Mais ensuite, on mâa dit que câĂ©tait lors de la poussĂ©e Ă lâaccouchement, qui a fini en cĂ©sarienne dâurgence. Jâai eu lâimpression que câĂ©tait de ma faute. CâĂ©tait un gros bĂ©bĂ© et moi, je suis petite », raconte-t-elle. Son fils a commencĂ© des traitements en physiothĂ©rapie Ă un mois et demi et les a suivis durant un an. ParallĂšlement, il a portĂ© le casque de lâĂąge de 3 Ă 9 mois. Aujourdâhui, je suis satisfaite dâavoir fait tout cela rapidement », experts interrogĂ©s sont unanimes il nây a pas assez de prĂ©vention et les parents sont peu ou pas informĂ©s sur la plagiocĂ©phalie et les torticolis qui y sont associĂ©s. Lorsque jâen parle aux parents, câest souvent la premiĂšre fois quâils en entendent parler », note le pĂ©diatre Denis Leduc, directeur des services pĂ©diatriques de la pouponniĂšre Ă lâhĂŽpital Royal Victoria. Câest pourtant bien avant la naissance que les parents devraient ĂȘtre informĂ©s, notamment lors des cours prĂ©nataux, estime la pĂ©diatre Marie-Danielle Boucher, du Centre intĂ©grĂ© universitaire de santĂ© et de services sociaux de la Capitale-Nationale, Ă QuĂ©bec. Pourquoi autant de bĂ©bĂ©s sont-ils touchĂ©s ?Comme les nouveau-nĂ©s passent plus de 15 heures Ă dormir sur le dos sur une surface dure, que leur crĂąne est mou et trĂšs mallĂ©able, la tĂȘte sâaplatit facilement, surtout dâun cĂŽtĂ©. Le bĂ©bĂ© dĂ©veloppe alors une prĂ©fĂ©rence pour un cĂŽtĂ©. Ce qui entraĂźne une plagiocĂ©phalie positionnelle, le syndrome le plus commun de la tĂȘte plate. La grande majoritĂ© des parents me disent que câest entre 4 et 8 semaines quâils se sont aperçus que la tĂȘte de leur bĂ©bĂ© sâĂ©tait aplatie. Mais il y a une prĂ©vention Ă faire justement pour empĂȘcher que ça se dĂ©veloppe entre 4 et 8 semaines. »â Marie-Danielle Boucher, pĂ©diatreLa plagiocĂ©phalie peut aussi ĂȘtre causĂ©e par un torticolis Ă la signes dâune plagiocĂ©phalie Le premier Ă©lĂ©ment Ă observer est lâalignement des oreilles. Une asymĂ©trie est gĂ©nĂ©ralement signe dâune plagiocĂ©phalie. Les professionnels encouragent les parents Ă faire cette vĂ©rification. Quand on regarde la tĂȘte du bĂ©bĂ© de haut, on peut voir quâune oreille sera plus avancĂ©e », explique Jean-Pierre Farmer, neurochirurgien, chef du dĂ©partement de chirurgie pĂ©diatrique Ă lâUniversitĂ© McGill et chirurgien en chef Ă lâHĂŽpital de MontrĂ©al pour enfants. Quand câest plus prononcĂ©, du cĂŽtĂ© aplati, on verra que le profil de la joue sera plus avancĂ© et le front, plus bombĂ© », ajoute-t-il. Un Ćil peut aussi ĂȘtre plus petit que lâautre. Mais la dĂ©formation est seulement esthĂ©tique. On nâa pas dâĂ©vidence scientifique probante que la plagiocĂ©phalie puisse causer des problĂšmes neurologiques », soutient le pĂ©diatre Denis Leduc. Agir avant 4 mois Si on voit les bĂ©bĂ©s avant 4 mois, la plupart du temps, on est capable dâĂ©viter le casque. Car câest entre 0 et 6 mois que le crĂąne va le plus bouger. Lâenfant passe tellement de temps sur le dos entre 0 et 4 mois que câest Ă ce moment quâil y a le plus de dĂ©formation », explique Christine Montminy, physiothĂ©rapeute au CHU Sainte-Justine. AprĂšs lâĂąge de 6 Ă 9 mois, la manipulation est plus difficile, car les sutures du crĂąne se ferment », ajoute le Dr Jean-Pierre Farmer. Dâailleurs, depuis quelques annĂ©es, les pĂ©diatres envoient ces enfants de plus en plus tĂŽt en physiothĂ©rapie et disent de moins en moins que ça passera tout seul ». Avant, on les voyait vers 8, 10 mois, maintenant, on les reçoit en moyenne autour de 2, 3 mois. Ăa aide beaucoup », prĂ©cise Isabelle Gagnon, physiothĂ©rapeute et chercheuse Ă lâHĂŽpital de MontrĂ©al pour enfants. Les torticolis Le torticolis, soit une inĂ©galitĂ© des muscles du cou, est souvent associĂ© Ă une plagiocĂ©phalie. Il peut en ĂȘtre la cause ou la consĂ©quence. Tant que le torticolis nâest pas traitĂ© par un physiothĂ©rapeute, la tĂȘte plate ne pourra pas ĂȘtre corrigĂ©e. Notre problĂšme, câest quâil y en a de plus en plus. Si le torticolis nâest pas diagnostiquĂ©, câest sĂ»r que lâenfant aura toujours la mĂȘme position », explique la pĂ©diatre Marie-Danielle Boucher. Un bĂ©bĂ© avec un torticolis nâarrivera pas Ă tourner complĂštement son cou dâun cĂŽtĂ© comme de lâautre. MĂȘme si on fait une rotation avec sa tĂȘte, elle reviendra toujours vers le mĂȘme cĂŽtĂ©, car le muscle nâest pas assez Ă©tirĂ©. Il faut aider Ă Ă©tirer le muscle », explique la pĂ©diatre, prĂ©cisant que ce type de torticolis nâest pas douloureux pour le bĂ©bĂ©. NĂ©cessaire, lâorthĂšse crĂąnienne ?LâorthĂšse crĂąnienne casque est créée sur mesure pour la tĂȘte de chaque bĂ©bĂ© afin dâen corriger la forme. Par rapport aux cinq derniĂšres annĂ©es, câest en 2016-2017 quâil y a eu le plus grand nombre de casques confectionnĂ©s couverts par la RAMQ. Pourtant, les preuves scientifiques montrent que les exercices de positionnement sont Ă©quivalents au casque pour la plupart des bĂ©bĂ©s. Sauf quand on les voit tard, que câest plus grave ou que les parents, Ă cause de leur situation, ne peuvent pas ou nâont pas le temps de faire les exercices de positionnement », explique Isabelle Gagnon. IdĂ©alement, le bĂ©bĂ© devrait porter le casque entre les Ăąges de 5 et 7 mois, soit quand il est capable de sâasseoir et que sa tĂȘte grossit rapidement. Le casque est gĂ©nĂ©ralement portĂ© durant trois mois, 23 h sur 24 h, auxquels on ajoute un mois supplĂ©mentaire juste la nuit, prĂ©cise la pĂ©diatre Marie-Danielle Boucher. Mais la majoritĂ© des parents font un effort fou pour lâĂ©viter. Ils Ă©coutent la physio et lâostĂ©o. Il y en a qui se rĂ©veillent la nuit pour changer la position de leur bĂ©bĂ© », dit-elle. PlagiocĂ©phalie PrĂ©venir et corriger On voit des tonnes de bĂ©bĂ©s [qui ont des problĂšmes de plagiocĂ©phalie], il y a donc encore un travail Ă faire au niveau du positionnement dĂšs la naissance et du travail de dĂ©tection », soutient Isabelle Gagnon, physiothĂ©rapeute et chercheuse Ă lâHĂŽpital de MontrĂ©al pour enfants. Voici cinq astuces pour prĂ©venir et corriger une plagiocĂ©phalie. Nadielle Kutlu Collaboration spĂ©ciale PlagiocĂ©phalie Sur le ventre Nadielle Kutlu Collaboration spĂ©ciale DĂšs que le cordon ombilical est tombĂ©, on recommande de mettre bĂ©bĂ© sur le ventre autant que possible durant les pĂ©riodes dâĂ©veil, sous supervision, pour Ă©tirer les muscles du cou et prĂ©venir la plagiocĂ©phalie », explique le pĂ©diatre Denis Leduc. MĂȘme si ce nâest pas la position prĂ©fĂ©rĂ©e des bĂ©bĂ©s, au dĂ©but, quelques secondes, plusieurs fois par jour, suffisent. Lâenfant finira par sâhabituer, assure Christine Montminy, physiothĂ©rapeute au CHU Sainte-Justine, et on pourra graduellement le laisser plus longtemps sur le ventre. Pour les siestes, on peut aussi faire dormir le bĂ©bĂ© sur nous, sur le ventre, suggĂšre Isabelle Gagnon. PlagiocĂ©phalie Varier les positions Nadielle Kutlu Collaboration spĂ©ciale Pour prĂ©venir la plagiocĂ©phalie, il est recommandĂ© de changer rĂ©guliĂšrement la position du bĂ©bĂ©. Entre le siĂšge dâauto et la poussette, le bĂ©bĂ© passe beaucoup de temps dans la mĂȘme position. On conseille de les laisser le moins longtemps possible dans ces siĂšges », dit Christine Montminy. Elle recommande entre autres lâutilisation du porte-bĂ©bĂ© ventral. Au moment de coucher bĂ©bĂ©, on peut le dĂ©poser la tĂȘte au pied du lit, puis alterner le lendemain en plaçant la tĂȘte du cĂŽtĂ© opposĂ©, pour Ă©viter quâil regarde toujours du mĂȘme cĂŽtĂ©. MĂȘme chose lors du changement de couche. On peut accrocher des jouets ou coller des images vers le cĂŽtĂ© oĂč il regarde le moins. PlagiocĂ©phalie Attention aux bras ! Nadielle Kutlu Collaboration spĂ©ciale Quand nous berçons notre bĂ©bĂ©, sa tĂȘte placĂ©e dans le pli de notre coude, son crĂąne mou se retrouve alors contre une surface dure, ce qui peut favoriser un aplatissement de la tĂȘte. Durant les premiers mois, mieux vaut placer un petit coussin ou une couverture lĂ©gĂšre pliĂ©e en quatre au creux de nos bras, sous le bĂ©bĂ©, conseille lâostĂ©opathe et physiothĂ©rapeute Sylvie Lessard. PlagiocĂ©phalie La position de cĂŽtĂ© Nadielle Kutlu Collaboration spĂ©ciale Lorsque le bĂ©bĂ© est Ă©veillĂ© et sur le dos, sous supervision, on peut mettre un petit coussin sous son dos pour quâil soit lĂ©gĂšrement de cĂŽtĂ©. Si le bĂ©bĂ© a moins de 4 mois et la tĂȘte lĂ©gĂšrement aplatie, on peut le placer de cĂŽtĂ© sur le cĂŽtĂ© non aplati, dans un angle de 45 degrĂ©s, entre deux rouleaux ou coussins qui lâempĂȘchent de tourner sur le dos ou sur le ventre. Toujours sous supervision. AprĂšs lâĂąge de 4 mois, câest plus difficile, car lâenfant commence Ă bouger, explique Sylvie Lessard. PlagiocĂ©phalie Coussin ergonomique Nadielle Kutlu Collaboration spĂ©ciale Quand le nourrisson est Ă©veillĂ© et sur le dos, sur son tapis dâĂ©veil, par exemple, on peut utiliser un coussin ergonomique avec un creux au milieu ou encore un bonnet de repositionnement de la tĂȘte, pour Ă©viter que la tĂȘte repose toujours sur une surface dure, suggĂšre Christine Montminy, qui utilise ce type de coussin en physiothĂ©rapie au CHU Sainte-Justine. Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans lâapplication La Presse+. Mais4% des bĂ©bĂ©s ne se retournent pas et restent positionnĂ©s la tĂȘte en haut, les fesses en bas, en prĂ©sentation dite par le siĂšge dont on distingue 2 types : le siĂšge complet : le bĂ©bĂ©, assis en tailleur, arrive au monde avec les pieds en premier, le siĂšge dĂ©complĂ©tĂ© : les jambes du bĂ©bĂ© sont relevĂ©es, avec les pieds Ă la Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-ĂȘtre hier, je ne sais pas. J'ai reçu un tĂ©lĂ©gramme de l'asile MĂšre dĂ©cĂ©dĂ©e. Enterrement demain. Sentiments distinguĂ©s. » Cela ne veut rien dire. C'Ă©tait peut-ĂȘtre de vieillards est Ă Marengo, Ă quatre-vingts kilomĂštres d'Alger. Je prendrai l'autobus Ă deux heures et j'arriverai dans l'aprĂšs-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J'ai demandĂ© deux jours de congĂ© Ă mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n'avait pas l'air content. Je lui ai mĂȘme dit Ce n'est pas de ma faute. » Il n'a pas rĂ©pondu. J'ai pensĂ© alors que je n'aurais pas dĂ» lui dire cela. En somme, je n'avais pas Ă m'excuser. C'Ă©tait plutĂŽt Ă lui de me prĂ©senter ses condolĂ©ances. Mais il le fera sans doute aprĂšs-demain, quand il me verra en deuil. Pour le moment, c'est un peu comme si maman n'Ă©tait pas morte. AprĂšs l'enterrement, au contraire, ce sera une affaire classĂ©e et tout aura revĂȘtu une allure plus pris l'autobus Ă deux heures. Il faisait trĂšs chaud. J'ai mangĂ© au restaurant, chez CĂ©leste, comme d'habitude. Ils avaient tous beaucoup de peine pour moi et CĂ©leste m'a dit On n'a qu'une mĂšre. » Quand je suis parti, ils m'ont accompagnĂ© Ă la porte. J'Ă©tais un peu Ă©tourdi parce qu'il a fallu que je monte chez Emmanuel pour lui emprunter une cravate noire et un brassard. Il a perdu son oncle, il y a quelques couru pour ne pas manquer le dĂ©part. Cette hĂąte, cette course, c'est Ă cause de tout cela sans doute, ajoutĂ© aux cahots, Ă l'odeur d'essence, Ă la rĂ©verbĂ©ration de la route et du ciel, que je me suis assoupi. J'ai dormi pendant presque tout le trajet. Et quand je me suis rĂ©veillĂ©, j'Ă©tais tassĂ© contre un militaire qui m'a souri et qui m'a demandĂ© si je venais de loin. J'ai dit oui » pour n'avoir plus Ă est Ă deux kilomĂštres du village. J'ai fait le chemin Ă pied. J'ai voulu voir maman tout de suite. Mais le concierge m'a dit qu'il fallait que je rencontre le directeur. Comme il Ă©tait occupĂ©, j'ai attendu un peu. Pendant tout ce temps, le concierge a parlĂ© et ensuite, j'ai vu le directeur il m'a reçu dans son bureau. C'Ă©tait un petit vieux, avec la LĂ©gion d'honneur. Il m'a regardĂ© de ses yeux clairs. Puis il m'a serrĂ© la main qu'il a gardĂ©e si longtemps que je ne savais trop comment la retirer. Il a consultĂ© un dossier et m'a dit Mme Meursault est entrĂ©e ici il y a trois ans. Vous Ă©tiez son seul soutien. » J'ai cru qu'il me reprochait quelque chose et j'ai commencĂ© Ă lui expliquer. Mais il m'a interrompu Vous n'avez pas Ă vous justifier, mon cher enfant. J'ai lu le dossier de votre mĂšre. Vous ne pouviez subvenir Ă ses besoins. Il lui fallait une garde. Vos salaires sont modestes. Et tout compte fait, elle Ă©tait plus heureuse ici. » J'ai dit Oui, monsieur le Directeur. » Il a ajoutĂ© Vous savez, elle avait des amis, des gens de son Ăąge. Elle pouvait partager avec eux des intĂ©rĂȘts qui sont d'un autre temps. Vous ĂȘtes jeune et elle devait s'ennuyer avec vous. »C'Ă©tait vrai. Quand elle Ă©tait Ă la maison, maman passait son temps Ă me suivre des yeux en silence. Dans les premiers jours oĂč elle Ă©tait Ă l'asile, elle pleurait souvent. Mais c'Ă©tait Ă cause de l'habitude. Au bout de quelques mois, elle aurait pleurĂ© si on l'avait retirĂ©e de l'asile. Toujours Ă cause de l'habitude. C'est un peu pour cela que dans la derniĂšre annĂ©e je n'y suis presque plus allĂ©. Et aussi parce que cela me prenait mon dimanche - sans compter l'effort pour aller Ă l'autobus, prendre des tickets et faire deux heures de directeur m'a encore parlĂ©. Mais je ne l'Ă©coutais presque plus. Puis il m'a dit Je suppose que vous voulez voir votre mĂšre. » Je me suis levĂ© sans rien dire et il m'a prĂ©cĂ©dĂ© vers la porte. Dans l'escalier, il m'a expliquĂ© Nous l'avons transportĂ©e dans notre petite morgue. Pour ne pas impressionner les autres. Chaque fois qu'un pensionnaire meurt, les autres sont nerveux pendant deux ou trois jours. Et ça rend le service difficile. » Nous avons traversĂ© une cour oĂč il y avait beaucoup de vieillards, bavardant par petits groupes. Ils se taisaient quand nous passions. Et derriĂšre nous, les conversations reprenaient. On aurait dit d'un jacassement assourdi de perruches. Ă la porte d'un petit bĂątiment, le directeur m'a quittĂ© Je vous laisse, monsieur Meursault. Je suis Ă votre disposition dans mon bureau. En principe, l'enterrement est fixĂ© Ă dix heures du matin. Nous avons pensĂ© que vous pourrez ainsi veiller la disparue. Un dernier mot votre mĂšre a, paraĂźt-il, exprimĂ© souvent Ă ses compagnons le dĂ©sir d'ĂȘtre enterrĂ©e religieusement. J'ai pris sur moi, de faire le nĂ©cessaire. Mais je voulais vous en informer. » Je l'ai remerciĂ©. Maman, sans ĂȘtre athĂ©e, n'avait jamais pensĂ© de son vivant Ă la suis entrĂ©. C'Ă©tait une salle trĂšs claire, blanchie Ă la chaux et recouverte d'une verriĂšre. Elle Ă©tait meublĂ©e de chaises et de chevalets en forme de X. Deux d'entre eux, au centre, supportaient une biĂšre recouverte de son couvercle. On voyait seulement des vis brillantes, Ă peine enfoncĂ©es, se dĂ©tacher sur les planches passĂ©es au brou de noix. PrĂšs de la biĂšre, il y avait une infirmiĂšre arabe en sarrau blanc, un foulard de couleur vive sur la ce moment, le concierge est entrĂ© derriĂšre mon dos. Il avait dĂ» courir. Il a bĂ©gayĂ© un peu On l'a couverte, mais je dois dĂ©visser la biĂšre pour que vous puissiez la voir. » Il s'approchait de la biĂšre quand je l'ai arrĂȘtĂ©. Il m'a dit Vous ne voulez pas ? » J'ai rĂ©pondu Non. » Il s'est interrompu et j'Ă©tais gĂȘnĂ© parce que je sentais que je n'aurais pas dĂ» dire cela. Au bout d'un moment, il m'a regardĂ© et il m'a demandĂ© Pourquoi ? » mais sans reproche, comme s'il s'informait. J'ai dit Je ne sais pas. » Alors tortillant sa moustache blanche, il a dĂ©clarĂ© sans me regarder Je comprends. » Il avait de beaux yeux, bleu clair, et un teint un peu rouge. Il m'a donnĂ© une chaise et lui-mĂȘme s'est assis un peu en arriĂšre de moi. La garde s'est levĂ©e et s'est dirigĂ©e vers la sortie. Ă ce moment, le concierge m'a dit C'est un chancre qu'elle a. » Comme je ne comprenais pas, j'ai regardĂ© l'infirmiĂšre et j'ai vu qu'elle portait sous les yeux un bandeau qui faisait le tour de la tĂȘte. Ă la hauteur du nez, le bandeau Ă©tait plat. On ne voyait que la blancheur du bandeau dans son elle est partie, le concierge a parlĂ© Je vais vous laisser seul. » Je ne sais pas quel geste j'ai fait, mais il est restĂ©, debout derriĂšre moi. Cette prĂ©sence dans mon dos me gĂȘnait. La piĂšce Ă©tait pleine d'une belle lumiĂšre de fin d'aprĂšs-midi. Deux frelons bourdonnaient contre la verriĂšre. Et je sentais le sommeil me gagner. J'ai dit au concierge, sans me retourner vers lui Il y a longtemps que vous ĂȘtes lĂ ? »ImmĂ©diatement il a rĂ©pondu Cinq ans » - comme s'il avait attendu depuis toujours ma il a beaucoup bavardĂ©. On l'aurait bien Ă©tonnĂ© en lui disant qu'il finirait concierge Ă l'asile de Marengo. Il avait soixante-quatre ans et il Ă©tait Parisien. Ă ce moment je l'ai interrompu Ah, vous n'ĂȘtes pas d'ici ? » Puis je me suis souvenu qu'avant de me conduire chez le directeur, il m'avait parlĂ© de maman. Il m'avait dit qu'il fallait l'enterrer trĂšs vite, parce que dans la plaine il faisait chaud, surtout dans ce pays. C'est alors qu'il m'avait appris qu'il avait vĂ©cu Ă Paris et qu'il avait du mal Ă l'oublier. Ă Paris, on reste avec le mort trois, quatre jours quelquefois. Ici on n'a pas le temps, on ne s'est pas fait Ă l'idĂ©e que dĂ©jĂ il faut courir derriĂšre le corbillard. Sa femme lui avait dit alors Tais-toi, ce ne sont pas des choses Ă raconter Ă Monsieur. »Le vieux avait rougi et s'Ă©tait excusĂ©. J'Ă©tais intervenu pour dire Mais non. Mais non. » Je trouvais ce qu'il racontait juste et la petite morgue, il m'a appris qu'il Ă©tait entrĂ© Ă l'asile comme indigent. Comme il se sentait valide, il s'Ă©tait proposĂ© pour cette place de concierge. Je lui ai fait remarquer qu'en somme il Ă©tait un pensionnaire. Il m'a dit que non. J'avais dĂ©jĂ Ă©tĂ© frappĂ© par la façon qu'il avait de dire ils », les autres », et plus rarement les vieux », en parlant des pensionnaires dont certains n'Ă©taient pas plus ĂągĂ©s que lui. Mais naturellement, ce n'Ă©tait pas la mĂȘme chose. Lui Ă©tait concierge, et, dans une certaine mesure, il avait des droits sur garde est entrĂ©e Ă ce moment. Le soir Ă©tait tombĂ© brusquement. TrĂšs vite, la nuit s'Ă©tait Ă©paissie au-dessus de la verriĂšre. Le concierge a tournĂ© le commutateur et j'ai Ă©tĂ© aveuglĂ© par l'Ă©claboussement soudain de la lumiĂšre. Il m'a invitĂ© Ă me rendre au rĂ©fectoire pour dĂźner. Mais je n'avais pas faim. Il m'a offert alors d'apporter une tasse de cafĂ© au lait. Comme j'aime beaucoup le cafĂ© au lait, j'ai acceptĂ© et il est revenu un moment aprĂšs avec un plateau. J'ai bu. J'ai eu alors envie de fumer. Mais j'ai hĂ©sitĂ© parce que je ne savais pas si je pouvais le faire devant maman. J'ai rĂ©flĂ©chi, cela n'avait aucune importance. J'ai offert une cigarette au concierge et nous avons un moment, il m'a dit Vous savez, les amis de Madame votre mĂšre vont venir la veiller aussi. C'est la coutume. Il faut que j'aille chercher des chaises et du cafĂ© noir. » Je lui ai demandĂ© si on pouvait Ă©teindre une des lampes. L'Ă©clat de la lumiĂšre sur les murs blancs me fatiguait. Il m'a dit que ce n'Ă©tait pas possible. L'installation Ă©tait ainsi faite c'Ă©tait tout ou rien. Je n'ai plus beaucoup fait attention Ă lui. Il est sorti, est revenu, a disposĂ© des chaises. Sur l'une d'elles, il a empilĂ© des tasses autour d'une cafetiĂšre. Puis il s'est assis en face de moi, de l'autre cĂŽtĂ© de maman. La garde Ă©tait aussi au fond, le dos tournĂ©. Je ne voyais pas ce qu'elle faisait. Mais au mouvement de ses bras, je pouvais croire qu'elle tricotait. Il faisait doux, le cafĂ© m'avait rĂ©chauffĂ© et par la porte ouverte entrait une odeur de nuit et de fleurs. Je crois que j'ai somnolĂ© un un frĂŽlement qui m'a rĂ©veillĂ©. D'avoir fermĂ© les yeux, la piĂšce m'a paru encore plus Ă©clatante de blancheur. Devant moi, il n'y avait pas une ombre et chaque objet, chaque angle, toutes les courbes se dessinaient avec une puretĂ© blessante pour les yeux. C'est Ă ce moment que les amis de maman sont entrĂ©s. Ils Ă©taient en tout une dizaine, et ils glissaient en silence dans cette lumiĂšre aveuglante. Ils se sont assis sans qu'aucune chaise grinçùt. Je les voyais comme je n'ai jamais vu personne et pas un dĂ©tail de leurs visages ou de leurs habits ne m'Ă©chappait. Pourtant je ne les entendais pas et j'avais peine Ă croire Ă leur rĂ©alitĂ©. Presque toutes les femmes portaient un tablier et le cordon qui les serrait Ă la taille faisait encore ressortir leur ventre bombĂ©. Je n'avais encore jamais remarquĂ© Ă quel point les vieilles femmes pouvaient avoir du ventre. Les hommes Ă©taient presque tous trĂšs maigres et tenaient des cannes. Ce qui me frappait dans leurs visages, c'est que je ne voyais pas leurs yeux, mais seulement une lueur sans Ă©clat au milieu d'un nid de rides. Lorsqu'ils se sont assis, la plupart m'ont regardĂ© et ont hochĂ© la tĂȘte avec gĂȘne, les lĂšvres toutes mangĂ©es par leur bouche sans dents, sans que je puisse savoir s'ils me saluaient ou s'il s'agissait d'un tic. Je crois plutĂŽt qu'ils me saluaient. C'est Ă ce moment que je me suis aperçu qu'ils Ă©taient tous assis en face de moi Ă dodeliner de la tĂȘte, autour du concierge. J'ai eu un moment l'impression ridicule qu'ils Ă©taient lĂ pour me aprĂšs, une des femmes s'est mise Ă pleurer. Elle Ă©tait au second rang, cachĂ©e par une de ses compagnes, et je la voyais mal. Elle pleurait Ă petits cris, rĂ©guliĂšrement il me semblait qu'elle ne s'arrĂȘterait jamais. Les autres avaient l'air de ne pas l'entendre. Ils Ă©taient affaissĂ©s, mornes et silencieux. Ils regardaient la biĂšre ou leur canne, ou n'importe quoi, mais ils ne regardaient que cela. La femme pleurait toujours. J'Ă©tais trĂšs Ă©tonnĂ© parce que je ne la connaissais pas. J'aurais voulu ne plus l'entendre. Pourtant je n'osais pas le lui dire. Le concierge s'est penchĂ© vers elle, lui a parlĂ©, mais elle a secouĂ© la tĂȘte, a bredouillĂ© quelque chose, et a continuĂ© de pleurer avec la mĂȘme rĂ©gularitĂ©. Le concierge est venu alors de mon cĂŽtĂ©. Il s'est assis prĂšs de moi. AprĂšs un assez long moment, il m'a renseignĂ© sans me regarder Elle Ă©tait trĂšs liĂ©e avec Madame votre mĂšre. Elle dit que c'Ă©tait sa seule amie ici et que maintenant elle n'a plus personne. »Nous sommes restĂ©s un long moment ainsi. Les soupirs et les sanglots de la femme se faisaient plus rares. Elle reniflait beaucoup. Elle s'est tue enfin. Je n'avais plus sommeil, mais j'Ă©tais fatiguĂ© et les reins me faisaient mal. Ă prĂ©sent c'Ă©tait le silence de tous ces gens qui m'Ă©tait pĂ©nible. De temps en temps seulement, j'entendais un bruit singulier et je ne pouvais comprendre ce qu'il Ă©tait. Ă la longue, j'ai fini par deviner que quelques-uns d'entre les vieillards suçaient l'intĂ©rieur de leurs joues et laissaient Ă©chapper ces clappements bizarres. Ils ne s'en apercevaient pas tant ils Ă©taient absorbĂ©s dans leurs pensĂ©es. J'avais mĂȘme l'impression que cette morte, couchĂ©e au milieu d'eux, ne signifiait rien Ă leurs yeux. Mais je crois maintenant que c'Ă©tait une impression avons tous pris du cafĂ©, servi par le concierge. Ensuite, je ne sais plus. La nuit a passĂ©. Je me souviens qu'Ă un moment j'ai ouvert les yeux et j'ai vu que les vieillards dormaient tassĂ©s sur eux-mĂȘmes, Ă l'exception d'un seul qui, le menton sur le dos de ses mains agrippĂ©es Ă la canne, me regardait fixement comme s'il n'attendait que mon rĂ©veil. Puis j'ai encore dormi. Je me suis rĂ©veillĂ© parce que j'avais de plus en plus mal aux reins. Le jour glissait sur la verriĂšre. Peu aprĂšs, l'un des vieillards s'est rĂ©veillĂ© et il a beaucoup toussĂ©. Il crachait dans un grand mouchoir Ă carreaux et chacun de ses crachats Ă©tait comme un arrachement. Il a rĂ©veillĂ© les autres et le concierge a dit qu'ils devraient partir. Ils se sont levĂ©s. Cette veille incommode leur avait fait des visages de cendre. En sortant, et Ă mon grand Ă©tonnement, ils m'ont tous serrĂ© la main - comme si cette nuit oĂč nous n'avions pas Ă©changĂ© un mot avait accru notre fatiguĂ©. Le concierge m'a conduit chez lui et j'ai pu faire un peu de toilette. J'ai encore pris du cafĂ© au lait qui Ă©tait trĂšs bon. Quand je suis sorti, le jour Ă©tait complĂštement levĂ©. Au-dessus des collines qui sĂ©parent Marengo de la mer, le ciel Ă©tait plein de rougeurs. Et le vent qui passait au-dessus d'elles apportait ici une odeur de sel. C'Ă©tait une belle journĂ©e qui se prĂ©parait. Il y avait longtemps que j'Ă©tais allĂ© Ă la campagne et je sentais quel plaisir j'aurais pris Ă me promener s'il n'y avait pas eu j'ai attendu dans la cour, sous un platane. Je respirais l'odeur de la terre fraĂźche et je n'avais plus sommeil. J'ai pensĂ© aux collĂšgues du bureau. Ă cette heure, ils se levaient pour aller au travail pour moi c'Ă©tait toujours l'heure la plus difficile. J'ai encore rĂ©flĂ©chi un peu Ă ces choses, mais j'ai Ă©tĂ© distrait par une cloche qui sonnait Ă l'intĂ©rieur, des bĂątiments. Il y a eu du remue-mĂ©nage derriĂšre les fenĂȘtres, puis tout s'est calmĂ©. Le soleil Ă©tait montĂ© un peu plus dans le ciel il commençait Ă chauffer mes pieds. Le concierge a traversĂ© la cour et m'a dit que le directeur me demandait. Je suis allĂ© dans son bureau. Il m'a fait signer un certain nombre de piĂšces. J'ai vu qu'il Ă©tait habillĂ© de noir avec un pantalon rayĂ©. Il a pris le tĂ©lĂ©phone en main et il m'a interpellĂ© Les employĂ©s des pompes funĂšbres sont lĂ depuis un moment. Je vais leur demander de venir fermer la biĂšre. Voulez-vous auparavant voir votre mĂšre une derniĂšre fois ? » J'ai dit non. Il a ordonnĂ© dans le tĂ©lĂ©phone en baissant la voix Figeac, dites aux hommes qu'ils peuvent aller. »Ensuite il m'a dit qu'il assisterait Ă l'enterrement et je l'ai remerciĂ©. Il s'est assis derriĂšre son bureau, il a croisĂ© ses petites jambes. Il m'a averti que moi et lui serions seuls, avec l'infirmiĂšre de service. En principe, les pensionnaires ne devaient pas assister aux enterrements. Il les laissait seulement veiller C'est une question d'humanitĂ© », a-t-il remarquĂ©. Mais en l'espĂšce, il avait accordĂ© l'autorisation de suivre le convoi Ă un vieil ami de maman Thomas PĂ©rez. » Ici, le directeur a souri. Il m'a dit Vous comprenez, c'est un sentiment un peu puĂ©ril. Mais lui et votre mĂšre ne se quittaient guĂšre. Ă l'asile, on les plaisantait, on disait Ă PĂ©rez C'est votre fiancĂ©e. » Lui riait. Ăa leur faisait plaisir. Et le fait est que la mort de Mme Meursault l'a beaucoup affectĂ©. Je n'ai pas cru devoir lui refuser l'autorisation. Mais sur le conseil du mĂ©decin visiteur, je lui ai interdit la veillĂ©e d'hier. »Nous sommes restĂ©s silencieux assez longtemps. Le directeur s'est levĂ© et a regardĂ© par la fenĂȘtre de son bureau. Ă un moment, il a observĂ© VoilĂ dĂ©jĂ le curĂ© de Marengo. Il est en avance. » Il m'a prĂ©venu qu'il faudrait au moins trois quarts d'heure de marche pour aller Ă l'Ă©glise qui est au village mĂȘme. Nous sommes descendus. Devant le bĂątiment, il y avait le curĂ© et deux enfants de chĆur. L'un de ceux-ci tenait un encensoir et le prĂȘtre se baissait vers lui pour rĂ©gler la longueur de la chaĂźne d'argent. Quand nous sommes arrivĂ©s, le prĂȘtre s'est relevĂ©. Il m'a appelĂ© mon fils » et m'a dit quelques mots. Il est entrĂ© ; je l'ai vu d'un coup que les vis de la biĂšre Ă©taient enfoncĂ©es et qu'il y avait quatre hommes noirs dans la piĂšce. J'ai entendu en mĂȘme temps le directeur me dire que la voiture attendait sur la route et le prĂȘtre commencer ses priĂšres. Ă partir de ce moment, tout est allĂ© trĂšs vite. Les hommes se sont avancĂ©s vers la biĂšre avec un drap. Le prĂȘtre, ses suivants, le directeur et moi-mĂȘme sommes sortis. Devant la porte, il y avait une dame que je ne connaissais pas M. Meursault », a dit le directeur. Je n'ai pas entendu le nom de cette dame et j'ai compris seulement qu'elle Ă©tait infirmiĂšre dĂ©lĂ©guĂ©e. Elle a inclinĂ© sans un sourire son visage osseux et long. Puis nous nous sommes rangĂ©s pour laisser passer le corps. Nous avons suivi les porteurs et nous sommes sortis de l'asile. Devant la porte, il y avait la voiture. Vernie, oblongue et brillante, elle faisait penser Ă un plumier. Ă cĂŽtĂ© d'elle, il y avait l'ordonnateur, petit homme aux habits ridicules, et un vieillard Ă l'allure empruntĂ©e. J'ai compris que c'Ă©tait M. PĂ©rez. Il avait un feutre mou Ă la calotte ronde et aux ailes larges il l'a ĂŽtĂ© quand la biĂšre a passĂ© la porte, un costume dont le pantalon tirebouchonnait sur les souliers et un nĆud d'Ă©toffe noire trop petit pour sa chemise Ă grand col blanc. Ses lĂšvres tremblaient au-dessous d'un nez truffĂ© de points noirs. Ses cheveux blancs assez fins laissaient passer de curieuses oreilles ballantes et mal ourlĂ©es dont la couleur rouge sang dans ce visage blafard me frappa. L'ordonnateur nous donna nos places. Le curĂ© marchait en avant, puis la voiture. Autour d'elle, les quatre hommes. DerriĂšre, le directeur, moi-mĂȘme et, fermant la marche, l'infirmiĂšre dĂ©lĂ©guĂ©e et M. ciel Ă©tait dĂ©jĂ plein de soleil. Il commençait Ă peser sur la terre et la chaleur augmentait rapidement. Je ne sais pas pourquoi nous avons attendu assez longtemps avant de nous mettre en marche. J'avais chaud sous mes vĂȘtements sombres. Le petit vieux, qui s'Ă©tait recouvert, a de nouveau ĂŽtĂ© son chapeau. Je m'Ă©tais un peu tournĂ© de son cĂŽtĂ©, et je le regardais lorsque le directeur m'a parlĂ© de lui. Il m'a dit que souvent ma mĂšre et M. PĂ©rez allaient se promener le soir jusqu'au village, accompagnĂ©s d'une infirmiĂšre. Je regardais la campagne autour de moi. Ă travers les lignes de cyprĂšs qui menaient aux collines prĂšs du ciel, cette terre rousse et verte, ces maisons rares et bien dessinĂ©es, je comprenais maman. Le soir, dans ce pays, devait ĂȘtre comme une trĂȘve mĂ©lancolique. Aujourd'hui, le soleil dĂ©bordant qui faisait tressaillir le paysage le rendait inhumain et nous sommes mis en marche. C'est Ă ce moment que je me suis aperçu que PĂ©rez claudiquait lĂ©gĂšrement. La voiture, peu Ă peu, prenait de la vitesse et le vieillard perdait du terrain. L'un des hommes qui entouraient la voiture s'Ă©tait laissĂ© dĂ©passer aussi et marchait maintenant Ă mon niveau. J'Ă©tais surpris de la rapiditĂ© avec laquelle le soleil montait dans le ciel. Je me suis aperçu qu'il y avait dĂ©jĂ longtemps que la campagne bourdonnait du chant des insectes et de crĂ©pitements d'herbe. La sueur coulait sur mes joues. Comme je n'avais pas de chapeau, je m'Ă©ventais avec mon mouchoir. L'employĂ© des pompes funĂšbres m'a dit alors quelque chose que je n'ai pas entendu. En mĂȘme temps, il s'essuyait le crĂąne avec un mouchoir qu'il tenait dans sa main gauche, la main droite soulevant le bord de sa casquette. Je lui ai dit Comment ? »Il a rĂ©pĂ©tĂ© en montrant le ciel Ăa tape. » J'ai dit Oui. »Un peu aprĂšs, il m'a demandĂ©e C'est votre mĂšre qui est lĂ ? » J'ai encore dit Oui. » Elle Ă©tait vieille ? » J'ai rĂ©pondu Comme ça », parce que je ne savais pas le chiffre exact. Ensuite, il s'est tu. Je me suis retournĂ© et j'ai vu le vieux PĂ©rez Ă une cinquantaine de mĂštres derriĂšre nous. Il se hĂątait en balançant son feutre Ă bout de bras. J'ai regardĂ© aussi le directeur. Il marchait avec beaucoup de dignitĂ©, sans un geste inutile. Quelques gouttes de sueur perlaient sur son front, mais il ne les essuyait me semblait que le convoi marchait un peu plus vite. Autour de moi, c'Ă©tait toujours la mĂȘme campagne lumineuse gorgĂ©e de soleil. L'Ă©clat du ciel Ă©tait insoutenable. Ă un moment donnĂ©, nous sommes passĂ©s sur une partie de la route qui avait Ă©tĂ© rĂ©cemment refaite. Le soleil avait fait Ă©clater le goudron. Les pieds y enfonçaient et laissaient ouverte sa pulpe brillante. Au-dessus de la voiture, le chapeau du cocher, en cuir bouilli, semblait avoir Ă©tĂ© pĂ©tri dans cette boue noire. J'Ă©tais un peu perdu entre le ciel bleu et blanc et la monotonie de ces couleurs, noir gluant du goudron ouvert, noir terne des habits, noir laque de la voiture. Tout cela, le soleil, l'odeur de cuir et de crottin de la voiture, celle du vernis et celle de l'encens, la fatigue d'une nuit d'insomnie, me troublait le regard et les idĂ©es. Je me suis retournĂ© une fois de plus PĂ©rez m'a paru trĂšs loin, perdu dans une nuĂ©e de chaleur, puis je ne l'ai plus aperçu. Je l'ai cherchĂ© du regard et j'ai vu qu'il avait quittĂ© la route et pris Ă travers champs. J'ai constatĂ© aussi que devant moi la route tournait. J'ai compris que PĂ©rez qui connaissait le pays coupait au plus court pour nous rattraper. Au tournant il nous avait rejoints. Puis nous l'avons perdu. Il a repris encore Ă travers champs et comme cela plusieurs fois. Moi, je sentais le sang qui me battait aux s'est passĂ© ensuite avec tant de prĂ©cipitation, de certitude et de naturel, que je ne me souviens plus de rien. Une chose seulement Ă l'entrĂ©e du village, l'infirmiĂšre dĂ©lĂ©guĂ©e m'a parlĂ©. Elle avait une voix singuliĂšre qui n'allait pas avec son visage, une voix mĂ©lodieuse et tremblante. Elle m'a dit Si on va doucement, on risque une insolation. Mais si on va trop vite, on est en transpiration et dans l'Ă©glise on attrape un chaud et froid. » Elle avait raison. Il n'y avait pas d'issue. J'ai encore gardĂ© quelques images de cette journĂ©e par exemple, le visage de PĂ©rez quand, pour la derniĂšre fois, il nous a rejoints prĂšs du village. De grosses larmes d'Ă©nervement et de peine ruisselaient sur ses joues. Mais, Ă cause des rides, elles ne s'Ă©coulaient pas. Elles s'Ă©talaient, se rejoignaient et formaient un vernis d'eau sur ce visage dĂ©truit. Il y a eu encore l'Ă©glise et les villageois sur les trottoirs, les gĂ©raniums rouges sur les tombes du cimetiĂšre, l'Ă©vanouissement de PĂ©rez on eĂ»t dit un pantin disloquĂ©, la terre couleur de sang qui roulait sur la biĂšre de maman, la chair blanche des racines qui s'y mĂȘlaient, encore du monde, des voix, le village, l'attente devant un cafĂ©, l'incessant ronflement du moteur, et ma joie quand l'autobus est entrĂ© dans le nid de lumiĂšres d'Alger et que j'ai pensĂ© que j'allais me coucher et dormir pendant douze heures. Pasde doute possible : au pire (et Ă moins que vous n'ayez choisi une tenue qui attire TOUS les regards), vous l'intriguez. Au mieux : vous le fascinez. Dans un cas comme dans l'autre, il y a peu de chances que vous vous fassiez Ă©conduire si vous tentez une approche :
DĂ©finition DĂ©finition de tĂȘte âââ Votre navigateur ne prend pas en charge audio. nom fĂ©minin ExtrĂ©mitĂ© antĂ©rieure des animaux, qui porte la bouche et les principaux organes des sens lorsque cette partie est distincte et reconnaissable. â cĂ©phalo-. La tĂȘte d'un oiseau, d'un poisson, d'un serpent. L'aigle* Ă deux tĂȘtes. TĂȘte de veau prĂ©parĂ©e pour la consommation. Partie supĂ©rieure du corps d'un ĂȘtre humain contenant le cerveau, qui est de forme arrondie et tient au tronc par le cou. Squelette de la tĂȘte. â Des pieds* Ă la tĂȘte, de la tĂȘte aux pieds. La tĂȘte haute, redressĂ©e ; au figurĂ© avec fiertĂ© ou sans avoir rien Ă se reprocher. La tĂȘte basse ; au figurĂ© â confus, honteux. Tourner, hocher la tĂȘte. Signe de tĂȘte. locution Ătre tombĂ© sur la tĂȘte ĂȘtre un peu fou, dĂ©raisonner. Ăa va pas, la tĂȘte ! tu es fou ! Se jeter tĂȘte baissĂ©e dans qqch. ; au figurĂ© sans tenir compte du danger. Ne savoir oĂč donner de la tĂȘte avoir trop d'occupations. En avoir par-dessus la tĂȘte, assez. Tenir tĂȘte rĂ©sister Ă l'adversaire ; s'opposer avec fermetĂ© Ă la volontĂ© de qqn. Partie de la tĂȘte oĂč poussent les cheveux. TĂȘte chauve. â familier caillou. TĂȘte nue, sans chapeau. La tĂȘte, considĂ©rĂ©e comme la partie vitale. â vie. Risquer sa tĂȘte. locution Donner sa tĂȘte Ă couper que affirmer avec conviction que. Je le jure sur la tĂȘte de mes enfants. Le visage, quant aux traits et Ă l'expression. â face, figure ; familier gueule. Une bonne tĂȘte. â familier bouille. Faire une drĂŽle de tĂȘte. â familier bobine, tronche. Faire la tĂȘte. â bouder. Visage qui rend qqn reconnaissable. J'ai vu cette tĂȘte-lĂ quelque part. ReprĂ©sentation de cette partie du corps de l'homme, des animaux supĂ©rieurs. TĂȘte sculptĂ©e. TĂȘte de pipe*. Ătre la tĂȘte de Turc, servir de tĂȘte de Turc â souffre-douleur. TĂȘte de mort crĂąne humain ; sa reprĂ©sentation, emblĂšme de la mort. Hauteur d'une tĂȘte d'homme. Il a une tĂȘte de plus que sa d'une tĂȘte de cheval, dans une course. Cheval qui gagne d'une courte tĂȘte. Coup de tĂȘte dans la balle, au football. Joueur qui fait une tĂȘte. Partie d'une chose oĂč l'on peut poser la tĂȘte. La tĂȘte du lit. â chevet. Le siĂšge de la pensĂ©e, chez l'ĂȘtre humain. â cerveau, cervelle, esprit. Une tĂȘte bien faite. appellatif familier Salut, petite tĂȘte ! locution Ătre tĂȘte en l'air ĂȘtre Ă©tourdi. Avoir une tĂȘte de linotte*. Une grosse tĂȘte une personne savante, intelligente. pĂ©joratif Avoir la grosse tĂȘte ĂȘtre prĂ©tentieux. sans complĂ©ment Il n'a pas de tĂȘte, il oublie tout. Une femme de tĂȘte, Ă©nergique, efficace. De tĂȘte mentalement. Calculer de tĂȘte. Se creuser* la tĂȘte. Avoir une idĂ©e derriĂšre la tĂȘte, une intention cachĂ©e. locution Canada Se faire une tĂȘte sur qqch., se faire une idĂ©e, une opinion. Se mettre dans la tĂȘte, en tĂȘte deâŠ, que⊠dĂ©cider ; imaginer, se persuader. familier Prendre la tĂȘte obsĂ©der, prĂ©occuper. ArrĂȘte de te prendre la tĂȘte ! familier Mettez-vous bien ça dans la tĂȘte, tĂąchez de vous en persuader. â enfoncer. En tĂȘte. Avoir une idĂ©e en tĂȘte. Je n'ai plus son nom en tĂȘte je ne m'en souviens plus. Le siĂšge des Ă©tats psychologiques. CaractĂšre Avoir la tĂȘte froide*. Avoir une tĂȘte de cochon, un mauvais caractĂšre. Ătats passagers Perdre la tĂȘte perdre son sang-froid. â boule, boussole. Mettre Ă qqn la tĂȘte Ă l'envers. â Ă©garer, griser. Retourner* la tĂȘte Ă qqn. Avoir la tĂȘte Ă ce qu'on fait, y appliquer son attention. Avoir la tĂȘte ailleurs penser Ă autre chose â ĂȘtre dans la lune. N'en faire qu'Ă sa tĂȘte agir selon sa fantaisie. Un coup de tĂȘte une dĂ©cision, une action inconsidĂ©rĂ©e, irrĂ©flĂ©chie. Symbole de l'Ă©tat mental. locution Perdre la tĂȘte devenir fou ou gĂąteux. Il a perdu la tĂȘte pour cette fille. Avoir toute sa tĂȘte. ReprĂ©sentant une personne. Faute qui retombe sur la tĂȘte de qqn. TĂȘte couronnĂ©e*. Une tĂȘte brĂ»lĂ©e*. Une forte tĂȘte une personne qui s'oppose aux autres et fait ce qu'elle veut. Une mauvaise tĂȘte une personne obstinĂ©e, querelleuse. Par tĂȘte par personne, par individu. Trente euros par tĂȘte. familier Par tĂȘte de pipe mĂȘme sens. Personne qui conçoit et dirige. Elle est, c'est la tĂȘte de l'entreprise. â cerveau, chef. Animal d'un troupeau. Cent tĂȘtes de bĂ©tail. chosesPartie supĂ©rieure, notamment lorsqu'elle est arrondie. La tĂȘte des arbres. â cime. ExtrĂ©mitĂ©, partie terminale. La tĂȘte d'un os long. La tĂȘte d'un clou. TĂȘte d'ail*. TĂȘte de lecture d'une platine, d'un magnĂ©toscope. Partie antĂ©rieure d'une chose qui se dĂ©place. La tĂȘte d'un train, d'un cortĂšge. FusĂ©e Ă tĂȘte chercheuse, munie d'un dispositif pouvant modifier sa trajectoire vers l'objectif. Partie antĂ©rieure d'une chose orientĂ©e. TĂȘte de ligne point de dĂ©part d'une ligne de transport. TĂȘte de liste premier nom d'une liste. TĂȘte d'affiche. Place de ce qui est Ă l'avant ou au dĂ©but surtout de, en tĂȘte. Passer en tĂȘte. â devant, le premier. Wagon de tĂȘte. L'article de tĂȘte d'un journal. Mot en tĂȘte de phrase. Place de la personne qui dirige, commande. Prendre la tĂȘte du peloton. Se trouver Ă la tĂȘte d'une grosse fortune. DĂ©finition de tĂ©tĂ© âââ Votre navigateur ne prend pas en charge audio. nom masculin SynonymesSynonymes de tĂȘte nom fĂ©mininfigure, visage, bille familier, binette familier, bobine familier, bougie familier, bouille familier, trogne familier, trombine familier, tronche familier, gueule trĂšs familier, frime argotcaboche familier, bourrichon familier, caberlot familier, cafetiĂšre familier, calebasse familier, carafe familier, carafon familier, cassis familier, ciboulot familier, cigare familier, citron familier, citrouille familier, coloquinte familier, margoulette familier, tirelire familier, melon populaire, bourriche vieilli, argot, chef vieuxSynonymes de avoir la grosse tĂȘteĂȘtre prĂ©tentieux, avoir le melon familier, avoir les chevilles qui enflent familier, pĂ©ter plus haut que son cul vulgaireSynonymes de perdre la tĂȘteperdre la raison, dĂ©raisonner, devenir fou, perdre le nord, dĂ©bloquer familier, dĂ©janter familier, dĂ©mĂ©nager familier, dĂ©railler familier, disjoncter familier, perdre la boule familier, perdre la boussole familier, perdre les pĂ©dales familier, yoyoter de la touffe familier, capoter familier, Canada, dĂ©conner trĂšs familierpaniquer, s'affolerSynonymes de tĂȘte de mort nom fĂ©minincrĂąneExemplesPhrases avec le mot tĂȘteQuand ces maladies se dĂ©clarent, les symptĂŽmes sont proches maux de tĂȘte, nez bouchĂ© et ne devrions plus compter les tĂȘtes de bĂ©tail, les jachĂšres et autres dispositions du mĂȘme peut-ĂȘtre de l'histoire ancienne mais elle trotte encore dans les tĂȘtes 07/09/2015Peu Ă peu le plaisir de la pĂątisserie lui est revenu pour le plus grand bonheur de ses clients, collĂšgues commerçants en 22/08/2021Elle exprime, sans nuance, la souffrance de maintenir la tĂȘte hors de l' 16/04/2018Finalement victorieux 20-16, les locaux se sont imposĂ©s sur trois tĂȘte Ă tĂȘte, deux doublettes et une 03/09/2021Phrases avec le mot tĂ©tĂ©Je suis rentrĂ©e Ă neuf heures chez moi, il a tĂ©tĂ© et s'est endormi tout de suite...Maurice Fleury 1856-1921Et pourtant, quelques bĂ©bĂ©s arrivent Ă ma consultation entre 6 et 15 jours sans avoir jamais tĂ©tĂ©, malgrĂ© de nombreuses tentatives Ă la 2014, RĂ©gine Prieur entĂ©ralement, sous alimentation en oxygĂšne, il se souvient d'avoir tĂ©tĂ©, chaque nuit, le doigt de sa mĂšre, portant un gant 2002 d'une nĂ©cessitĂ© mĂ©dicale, ils en ont fait un vice auquel ils sont attachĂ©s parce qu'ils l'ont hĂ©ritĂ© de leur pĂšre et l'ont tĂ©tĂ© auprĂšs de leur du Nord, 2005, Thomas Glesener me semble que j'ai tĂ©tĂ© du lait Ă de vieilles outres sous des catacombes, et que je parais tout Ă coup Ă la lumiĂšre du Boylesve 1867-1926Du reste, c'Ă©tait son heure, il y avait trois heures qu'il n'avait Zola 1840-1902 Ces exemples proviennent de sites partenaires externes. Ils sont sĂ©lectionnĂ©s automatiquement et ne font pas lâobjet dâune relecture par les Ă©quipes du Robert. En savoir plus. Dictionnaire universel de FuretiĂšre 1690DĂ©finition ancienne de TESTE s. f. La partie superieure ou anterieure de l'animal. Les Medecins divisent la teste de l'homme en deux parties. L'une est le test, en Latin calvaria, qui est la cheveluĂ« ; l'autre sans cheveux, qui est la face ou le visage, facies & vultus, qui est nommĂ©e excellemment par les Grecs prosopon, c'est Ă dire, regardant devant soy, parce que cela n'appartient qu'Ă l'homme seul. Ils subdivisent la premiere partie en quatre, sçavoir le devant, qui est l'endroit le plus humide & le plus tendre, qu'ils appellent du mot Latin sinciput, comme qui diroit summum caput ; le derriere, qu'ils appellent occiput, ou d'un mot Grec inion, parce que tous les nerfs qui s'appellent ines prennent de lĂ leur origine. Ils appellent le milieu ou le haut de la teste, vertex, Ă vertendo, parce que les cheveux tournent lĂ en rond. Et enfin ils nomment les costez ou temples, tempora, parce que c'est lĂ que le poil commence Ă blanchir, & Ă monstrer le temps ou l'Ăąge de l'homme. L'os du front s'appelle coronal, ou l'os de la pouppe ou sans vergogne d'oĂč vient qu'on appelle les impudens effrontez. Sa figure est en demi-cercle, polie par dehors, & inĂ©gale par dedans. L'os de la teste s'appelle de la prouĂ« & de la memoire. Aux vieillards il est tout d'une piece. Aux jeunes il est tantost de quatre, tantost de cinq. Sa figure approche de celle d'un turbot, car il a cinq costez formĂ©s de deux lignes circulaires qui vont finir en pointe. En general les os de la teste s'appellent le crane. Il y a des peuples qui se rendent la teste aussi platte que la main, & qui mettent la teste de leurs enfants, dĂ©s qu'ils sont nĂ©s, entre deux presses ou planches sur le front & le derriere de la teste pour l'applatir. Ils demeurent dans la Province de Cosaquas sur la riviere des Amazones. Dieu a fait marcher l'homme la teste levĂ©e, afin qu'il contemplast le ciel. Les autres animaux avancent & baissent la teste, parce qu'ils ne sont nez que pour la terre. La teste est le principal siege de l'ame, & des organes des sens. Les Orientaux couvrent leur teste d'un turban, & les Occidentaux d'un chapeau. Les Rois ont la couronne sur la teste dans leur Sacre. Les Ecclesiastiques ont une couronne, une tonsure sur le sommet de la teste, pour marque de leur Clericature. Les soldats ont le pot en teste ; les cavaliers un heaume, ou habillement de teste. La fonteine de la teste. Voyez FONTEINE. Des yeux Ă fleur de teste. Tourner la teste ; faire un signe de teste, hocher la teste. Ce mot de teste vient du Latin testa, dont les Latins se sont servis en la mĂȘme signification. Nicod & se dit aussi des arbres, des plantes, des fruits. Il a tant de testes de saules Ă coupper tous les ans. L'Ordonnance deffend de deshonorer, de coupper les testes des arbres de haute fustaye. Il y a tant de testes de choux, de porreaux, dans cette planche. VoilĂ un poirier de poires Ă deux testes. Une teste d'oignon. Les pommes, les grenades, ont une queuĂ« & une en termes de Medecine, se dit de l'extremitĂ© des os. Quand l'os a un bout rond qui avance en dehors, soit par apophyse, ou epiphyse, on luy donne le nom de teste. Si son principe est graile, & s'il s'eslargit peu Ă peu, on l'appelle col. S'il aboutit en pointe, on l'appelle couronnĂ© ou corneille, Ă cause qu'il ressemble Ă un bec de corneille ce qu'on appelle quelquefois pointe. Quand cette teste est platte, on l'appelle condyle ou double teste, comme sont les extremitez des os des doigts. On dit aussi la teste d'un muscle, en parlant de son extremitĂ© ; & on dit la teste du foye, en parlant de sa partie la plus se dit aussi des corps inanimez & artificiels. Il y a des clous Ă teste, & d'autres Ă crochet. Cette Ă©pingle n'a plus de teste. La teste d'un maillet. Un testu, c'est un marteau Ă deux testes. On appelle la teste du compas, l'endroit par oĂč il se joint, oĂč sont les charnieres. La teste d'un anneau c'est le se dit encore de la representation de cette partie du corps humain. On dit d'un beau portrait, VoilĂ une belle teste, voilĂ une teste Ă peindre. Ce Sculpteur a bien reĂŒssi Ă cette teste. La teste d'airain d'Albert le Grand, qui parloit. Les Perruquiers appellent aussi testes, ces moules de bois sur lesquels ils dressent leurs perruques, qui servent aussi de boestes Ă les serrer. Au jeu de cartes on dit qu'on a bien des testes, quand on a des Rois, des Dames, ou des Valets. On appelle aussi la teste d'une monnoye, la figure du Prince qui y est empreinte. On dit aussi des reliques, Il y a plusieurs testes de Saints dans la Sacristie, dans le tresor de cette se dit aussi des monstres qui ont plusieurs testes, qui sont la plus-part fabuleux. On dit que le serpent amphisbene a deux testes. Les PoĂ«tes attribuent trois testes Ă Hecate, Ă Geryon, Ă Cerbere ; deux testes Ă Janus ; cent testes Ă Typhon. L'Hydre avoit cent testes. On appelle figurĂ©ment une hydre Ă cent testes, ce qui renaist Ă mesure qu'on le croist dĂ©truire, comme une sedition populaire, la chicane, &c. La teste de Meduse, que les PoĂ«tes ont feint tuer de ses regards. C'est aussi une Constellation du ciel nommĂ©e autrement Ras Algol, qui est la plus dangereuse de se dit aussi des cheveux, qui ne sont qu'une partie & un ornement de la teste. Ce blondin a une belle teste, c'est Ă dire, une belle chevelure. Ce Perruquier a achetĂ© cette teste cent francs, c'est Ă dire, la dĂ©pouille de cette teste. La teste d'Absalon pesoit 200. sicles. On dit aussi d'un homme chauve ou pelĂ©, qu'il est ras comme la teste d'un se dit aussi du bois de cerf. Les cerfs tous les ans mettent leur teste bas. Ce cerf est Ă sa premiere, Ă sa seconde teste, pour marquer son Ăąge. On appelle teste bien nĂ©e, une teste grosse de marrein. La teste couronnĂ©e est la belle teste, qui doit avoir aussi les andouillers dans les meules, les rayeures enfoncĂ©es, & estre fort ouverte. On appelle une teste faux marquĂ©e, celle qui n'a pas les cors & chevilles pareils dans les deux perches. Les testes ramĂ©es sont ou couronnĂ©es, ou pommĂ©es, ou simples de trois par Ă mont, ou de signifie quelquefois l'homme entier. En cette auberge on paye tant par teste, c'est Ă dire, pour chaque personne. En cette succession ceux-cy viennent par testes, & ceux-lĂ par souches, ou par representation, c'est Ă dire, plusieurs ensemble. On luy a mis cette charge sur la teste, sur le corps. Il a 50. ans sur la teste. Les tailles s'imposent par capitation, se payent par teste. On sonne bien Ă la Parroisse, il est mort quelque grosse teste. On met la Republique de Venise au rang des testes se prend souvent pour la vie, qui se perd avec la teste. Je n'oserois faire cela, il y va de ma teste. J'en rĂ©ponds sur ma teste. On met les testes Ă prix dans les proscriptions. Ce Tyran a fait bien coupper, abattre des testes. On luy a fait voler la teste sur un eschaffaut. Il a bien joĂŒĂ© Ă couppe teste. On casse la teste aux deserteurs. C'est hasarder ma teste. On dit aussi, qu'une place a coustĂ© bien des testes, quand il a bien fallu faire mourir du monde pour la se dit figurĂ©ment en choses spirituelles & morales, & premierement de l'esprit & de ses fonctions. C'est un homme qui a la teste dure, on ne luy sçauroit rien faire apprendre. C'est un opiniastre, un preoccupĂ©, qu'on ne sçauroit detromper, quand il a une fois chaussĂ© une opinion dans sa teste. Celuy-lĂ est un habile homme, un homme de teste, une des plus fortes testes de la Robbe. Il a fait un coup de teste, de prudence, de jugement. On appelle mĂȘme Ă la chasse un chien de teste, un chien d'entreprise, celuy qui prend le devant de la meute. On dit au contraire, Il a fait un coup de sa teste, pour dire, un coup d'estourdi, dont il n'a point demandĂ© conseil. On dit mĂȘme d'un joĂŒeur de luth, d'un joĂŒeur de cartes, qu'ils jouĂ«nt de teste, pour dire, avec prudence, qu'ils entendent ce qu'ils jouĂ«nt. On dit aussi, qu'il faut qu'un homme ait une forte teste, une teste de fer, pour vacquer Ă plusieurs affaires. Disputez contre ce Docteur, c'est un homme qui vous tiendra teste, qui vous satisfera le dit aussi des passions & des vices de l'esprit. Cet homme a un grand martel en teste, il est jaloux, il est incertain de l'estat d'une affaire d'oĂč depend toute sa fortune ; ce galant luy fait mal Ă la teste. On dit d'un homme vain & visionnaire, qu'il a bien du vent dans la teste, qu'il s'est mis bien des chimeres dans la teste ; qu'il a l'amour, l'ambition dans la teste ; qu'il a la PoĂ«sie, la Chymie, les machines dans la teste, pour dire, qu'il en est fort entestĂ©, qu'il s'y rompt la dit aussi de celuy qui se trouble, qui s'aveugle dans la bonne fortune, que la teste luy a tournĂ©. On dit aussi d'une femme acariastre, qu'elle a bonne teste, qu'elle ne veut rien ceder, qu'elle crie Ă pleine teste. On dit aussi, Cela ne va pas comme vostre teste, pour dire, comme vous vous l'estes se dit aussi des corps politiques, en parlant de ce qui y est de plus considerable & au premier rang. Un President est Ă la teste de sa Compagnie ; un Doyen Ă la teste de son Chapitre. Les Ministres sont Ă la teste des affaires. On a choisi ce Directeur pour le mettre Ă la teste des se dit aussi de ce qui est le premier en chaque chose. Les noms des Auteurs doivent estre Ă la teste des livres. On met les Epistres Dedicatoires, les Prefaces, Ă la teste. Cela est escrit en teste du livre, c'est Ă dire, dĂ©s le commencement. On le dit aussi des Puissances. Rome est la teste du monde, de l' termes de Guerre, la teste du camp, se dit de la partie anterieure du terrain oĂč une armĂ©e est campĂ©e, de ce qui regarde la campagne, ou les ennemis. Ce qu'on fortifie le plus, c'est la teste du appelle aussi la teste de la trenchĂ©e, la teste de la sappe, la teste du travail, la partie la plus avancĂ©e vers l'ennemi. On a poussĂ© cette nuit la teste de la trenchĂ©e 100. pas plus loin. Il y a deux testes Ă la trenchĂ©e, c'est Ă dire, deux appelle aussi la teste d'un ouvrage Ă cornes, ce qui est enfermĂ© entre ses deux demi-bastions. On le dit aussi d'une face de la place ; & on dit en ce sens, qu'on ne peut aller Ă une place que par une teste, c'est Ă dire, l'attaquer que par un seul dit aussi d'un Officier, qu'il est Ă la teste de l'armĂ©e, d'un bataillon, d'un regiment, d'une compagnie, pour dire, qu'il les commande. On dit aussi d'un Officier reformĂ©, Il Ă©toit Ă la teste, il ne sera plus qu'Ă la termes de Manege, on dit qu'un cheval place bien sa teste, qu'il porte en beau lieu, en parlant de son action, & de son encolure. On dit aussi, qu'il a la teste dedans, quand il manie sur les voltes de biais, & en pliant un peu la teste. On appelle aussi, Courir les testes, un exercice de manege oĂč le cavalier perce plusieurs testes de carton qui sont Ă terre avec diverses sortes d'armes, tandis que le cheval DE MORE, se dit des chevaux qui ont la teste noire. Voyez CAP DE appelle aussi Ă la Guerre, teste de More, une machine que composent les Ingenieurs, qui est une espece de grenade qu'on tire avec le termes de Marine, on appelle teste de More, un billot quarrĂ© Ă©tant au haut de chaque mast, & en sa brisure, qui sert pour en emboĂ«ster un autre. On l'appelle autrement Chymie, on appelle aussi teste de More, une chappe ou chapiteau d'un alembic, qui a un long col, pour porter les vapeurs dans un tonneau qui sert de termes de Blason, on appelle testes de Mores, des testes qui sont representĂ©es ordinairement de profil, & bandĂ©es, liĂ©es & tortillĂ©es. On appelle aussi testes arrachĂ©es, les testes d'oiseaux, & des autres animaux oĂč le poil paroist encore ; & testes couppĂ©es, celles dont la separation est faite termes de Chymie, on appelle teste morte, le marc qui demeure des corps dont on a tirĂ© par la distillation, ou par autre voye, toute l'humiditĂ© & les termes de Musique, on appelle la teste d'un luth, d'un tuorbe, ou autre instrument semblable, la partie attachĂ©e au manche, oĂč se mettent les chevilles, qui servent Ă monter, ou Ă baisser les cordes, afin de les mettre d'accord, & qui luy sert de termes d'Astrologie, on appelle la teste, ou la queuĂ« du Dragon, les deux points de l'Ecclyptique oĂč elle est couppĂ©e par l'intersection de l'orbite de la Lune, dans lesquels, quand les luminaires se rencontrent, il faut qu'il y ait ecclypse de l'un, ou de l'autre. La teste se marque ainsi {symbole} & la queuĂ« {symbole}TESTE, se dit encore en plusieurs phrases particulieres. Tenir teste Ă quelqu'un, c'est luy resister, s'opposer Ă ses desseins, combattre son advis, son opinion. Se jetter Ă la teste de quelqu'un, c'est luy offrir son service, se donner Ă bon marchĂ©. On dit aussi d'une marchandise qui est Ă vil prix, qu'on la jette Ă la teste des gens. On dit encore, Rompre la teste Ă quelqu'un, pour dire, l'importuner. On dit aussi, qu'un homme va la teste levĂ©e par tout, quand il ne craint aucun reproche ; & qu'il va teste baissĂ©e au combat, pour dire, courageusement & aveuglĂ©ment. On dit aussi, qu'on a regardĂ©, qu'on a examinĂ© un homme depuis les pieds jusqu'Ă la teste, pour dire, fort attentivement. On dit aussi, qu'un homme a des dettes, des affaires pardessus la teste, pour dire, qu'il est noyĂ© de dettes, accablĂ© d'affaires. On dit aussi qu'on a la teste malfaite, quand on a la migraine, ou quelque douleur de teste que le sommeil, ou une souppe Ă l'oignon, refont la teste, pour dire, qu'ils la soulagent, qu'ils la se dit proverbialement en ces phrases. On dit d'un entestĂ©, d'un opiniastre, Il est comme le Bonnetier, il n'en fait qu'Ă sa teste. On dit aussi, Ce sont deux testes en un bonnet, pour dire, Ce sont deux bons amis, qui n'ont qu'une seule volontĂ©. On dit ironiquement de celuy qui fait le malade, Il a la teste plus grosse que le poing, & si elle n'est pas enflĂ©e. On dit, A laver la teste d'un asne on n'y perd que la lescive, lors qu'on reprimende quelqu'un, qu'on luy lave la teste inutilement. On dit aussi, Bonne femme mauvaise teste. Il ne sçait oĂč donner de la teste, il n'a aucun bien, aucun ami, aucune ressource. Autant vaudroit se battre la teste contre un mur, pour dire, prendre de la peine inutilement. On dit aussi, Il y va de cul & de teste, comme une corneille qui abat des noix, pour dire, Il s'y employe de toute sa force. On dit aussi, Grosse teste peu de sens ; & l'on dit qu'un homme a des chambres vuides Ă loĂŒer dans la teste, qu'il a la teste Ă l'esvent, qu'il a une teste de linotte, pour dire, qu'il est fou, qu'il a la teste legere, une teste sans cervelle, une teste verte, mal timbrĂ©e, demontĂ©e. On dit aussi, qu'une teste de fou ne blanchit jamais. On dit aussi d'un Picard, qu'il a la teste chaude, la teste prĂ©s du bonnet, pour dire, qu'il est prompt Ă se fĂącher. On dit aussi d'un yvrogne, On voit bien Ă ses yeux que sa teste n'est pas cuite, pour dire, que le vin luy a donnĂ© dans la teste, qu'il a beu du casse teste. On dit aussi, Autant de teste, autant d'opinions. Je suis aussi Ă©tonnĂ© de cela, que si les cornes me venoient Ă la teste. On dit aussi, qu'un homme est bien chaudement la teste au ruisseau, en plaignant celuy Ă qui quelque malheur est arrivĂ©. On dit aussi, J'y mettrois ma teste, j'y donnerois ma teste, j'y gagerois ma teste Ă coupper, & si c'est la gageure d'un fou, pour dire, j'en suis bien assĂ»rĂ©. On dit encore, que la teste a emportĂ© le cul, pour dire, que le plus fort a emportĂ© le plus foible. On dit d'un homme inquiet, que sa teste donne bien du mal Ă ses pieds. On dit d'un vieillard vigoureux, qu'il est comme le porreau, qu'il a la teste blanche, & la queuĂ« verte. Il est accoĂ»tumĂ© Ă cela comme un chien d'aller nu teste. On dit qu'une teste de mouton est une bisque de gueux. On dit chez les Jardiniers, que quand le Diable voudroit replanter sa femme, il luy coupperoit la teste, parce qu'ils Ă©testent tout ce qu'ils Ă TESTE. adv. L'un devant l'autre. Ils sont teste Ă teste comme Fourbisseurs. Nous avons disnĂ© teste Ă teste. Ils se sont rencontrez teste Ă teste, vis Ă vis, teste pour Ă TESTE, se dit aussi substantivement. Les amants cherchent le teste Ă teste. On luy a accordĂ© un teste Ă teste, une conversation de seul Ă seul. Cette affaire demande un teste Ă teste, ne doit ĂȘtre faite qu'entre quatre yeux. DĂ©finition ancienne de TETE s. f. L'endroit par oĂč les petits des animaux se nourrissent, & tirent le lait de leurs meres. Les truyes, les chattes, les chiennes, ont plusieurs tetes ou petits bouts sous le ventre pour nourrir plusieurs petits. Ce mot vient du Latin tetta, qui a estĂ© fait du Grec tittos, signifiant la mĂȘme chose. Menage. Quelques-uns le derivent de l'Alleman dutte ou tudte, qui signifie la mĂȘme chose. L'Espagnol dit teta. Ces dĂ©finitions du XVIIe siĂšcle, qui montrent l'Ă©volution de la langue et de l'orthographe françaises au cours des siĂšcles, doivent ĂȘtre replacĂ©es dans le contexte historique et sociĂ©tal dans lequel elles ont Ă©tĂ© rĂ©digĂ©es. Elles ne reflĂštent pas lâopinion du Robert ni de ses Ă©quipes. En savoir plus.
Français ·Sur tout le corps, de bas en haut. Il s'Ă©tait renippĂ© soigneusement des pieds Ă la tĂȘte et, bĂ©nĂ©ficiant d'une incontestable Ă©lĂ©gance naturelle, il rĂ©ussissait complĂ©tement Ă dĂ©pouiller le vieil homme. â (Victor MĂ©ric, Les Compagnons de lâEscopette, Ăditions de lâĂpi, Paris, 1930)· (FigurĂ©) Attentivement, en parlant d